BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

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Les universités québécoises interpellent les partis politiques fédéraux en faveur d’un réinvestissement dans le secteur universitaire

Montréal, le 29 septembre 2008 – Dans le cadre de la présente campagne électorale fédérale, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) interpelle les chefs des partis politiques fédéraux afin qu’ils prennent des engagements concrets à l’égard d’un réinvestissement dans le domaine universitaire.

Les coûts institutionnels de la recherche

Les universités québécoises sont particulièrement préoccupées par la question des coûts institutionnels (qu’on appelle aussi les coûts indirects) de la recherche universitaire. Le gouvernement fédéral finance actuellement les coûts engagés pour soutenir la recherche à hauteur de 24 % des coûts directs, une proportion nettement inférieure à leur niveau réel et à ce qui se fait à l’échelle internationale. Le programme fédéral des coûts indirects de recherche doit prévoir que toutes les universités qui reçoivent des fonds de recherche fédéraux obtiennent un remboursement des coûts institutionnels équivalant à au moins 40 % des coûts directs.

La recherche universitaire engendre deux types de coûts :

  • Les coûts directs, par exemple les salaires des chercheurs et de leurs équipes, les équipements et les fournitures, les coûts de déplacement et de publication. Ces coûts directs sont subventionnés, au niveau fédéral, par les trois grands conseils de recherche ainsi que par le biais de certains programmes ciblés tels Génome Canada ;
  • Les coûts institutionnels, par exemple le maintien des laboratoires, des bibliothèques, des systèmes informatiques, de l’administration, de la gestion des demandes de subventions, de la gestion de la propriété intellectuelle et du transfert de connaissances, ainsi que les obligations découlant des impératifs de sécurité et d’éthique.

La création par le gouvernement fédéral en 2001 du programme de financement des coûts indirects fut un pas dans la bonne direction. Toutefois, les sommes qui y sont consenties demeurent insuffisantes. Compte tenu du rôle essentiel de ces activités au support de l’économie, il est essentiel de maintenir la capacité des universités à réaliser des activités de recherche de calibre international.

« Le sous-financement des coûts institutionnels de la recherche constitue un frein caché à la productivité de la recherche universitaire » affirme la présidente de la CREPUQ, Mme Heather Munroe-Blum, principale et vice-chancelière de l’Université McGill.

« Le sous-financement des coûts institutionnels de la recherche non seulement nuit à la recherche mais il crée aussi une situation de concurrence entre la recherche et l’enseignement alors que ces deux fonctions devraient, au contraire, s’appuyer et se renforcer mutuellement. Il est très important, pour le maintien des universités québécoises à leur niveau actuel d’excellence, que le gouvernement fédéral finance les véritables coûts indirects liés à la recherche pour l’ensemble des universités. » d’ajouter Mme Munroe-Blum.

Une augmentation des budgets des conseils subventionnaires

Les gouvernements fédéraux successifs ont réalisé des investissements considérables dans le domaine de la recherche au cours de la dernière décennie, et les résultats obtenus sont éloquents. Les universités québécoises demandent aux partis politiques fédéraux de s’engager à augmenter les budgets des conseils subventionnaires et à offrir leur soutien continu au financement de la recherche dans une grande variété de disciplines.

Une hausse des transferts fédéraux pour l’enseignement postsecondaire

Une étude de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) démontre qu’en 2006-2007, les universités publiques américaines et les collèges américains recevaient un financement de 8 000 $ CAN par étudiant supérieur à celui dont bénéficiaient les établissements canadiens correspondants. Comme le mentionne l’AUCC, « les établissements américains disposent ainsi d’un avantage qui leur permet d’améliorer la qualité de leurs milieux d’apprentissage et d’ainsi contribuer à la formation d’une main-d’œuvre plus productive. Le Royaume-Uni et l’Australie ont commencé à combler l’écart qui les sépare des États-Unis sur le plan du financement par étudiant en accentuant leurs investissements au chapitre de l’enseignement supérieur et en se dotant de mécanismes de financement viables. Les gouvernements du Canada doivent à leur tour prendre des mesures pour combler l’écart de financement et garantir la formation de la main-d’œuvre essentielle à la croissance économique et à la prospérité du pays ».

La situation financière des universités est précaire et le gouvernement fédéral se doit, pour sa part, d’augmenter les transferts fédéraux pour l’enseignement postsecondaire de façon à rétablir le niveau de financement accordé antérieurement et à tenir compte des nouveaux besoins des universités. Il en va du maintien d’activités d’enseignement et de recherche universitaires de haute qualité et de la capacité des universités de rivaliser avec les meilleures universités à travers le monde.

La CREPUQ invite les partis politiques fédéraux à prendre position sur ces trois questions fort importantes pour l’avenir des universités québécoises.

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Pour information :
Daniel Zizian
Directeur général
514-288-8524 p. 201