BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

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Les établissements universitaires québécois invitent le gouvernement à aller de l’avant

Montréal, le 6 décembre 2010 – La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) déplore la décision prise par les étudiants et les syndicats de quitter la plénière lors de la Rencontre des partenaires en éducation. La politique de la chaise vide n’est jamais une bonne solution et le statu quo n’est tout simplement pas viable.

Nos universités souffrent d’un sous-financement chronique qui ne peut plus durer. Il faut que nous ayons collectivement le courage de faire les choix qui s’imposent pour redresser la situation et redonner à nos établissements universitaires les moyens de remplir pleinement leur mission.

« La volonté du gouvernement d’augmenter les droits de scolarité est connue depuis février dernier. Les étudiants et les syndicats connaissaient les paramètres de la rencontre avant le début de celle-ci. Le gouvernement et les autres partenaires qui ont poursuivi les échanges ne peuvent que prendre acte du fait que les étudiants et les syndicats ont choisi de se retirer des discussions visant à trouver une solution au sous-financement des universités tout en maintenant l’accessibilité » a affirmé le président du Conseil d’administration de la CREPUQ, monsieur Denis Brière, recteur de l’Université Laval.

« La proposition mise de l’avant par les étudiants de tenir des États généraux n’est pas une solution dans le contexte actuel. Le temps n’est plus à la réflexion, mais à l’action. Il y a plusieurs années déjà que l’on discute et que l’on réfléchit collectivement sur l’avenir de nos universités. Il y a déjà six ans qu’une commission parlementaire spéciale a été tenue sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités et, encore tout récemment, les chefs d’établissement ont été entendus en commission parlementaire et ont pu échanger avec les députés sur l’état du système universitaire. Il y a urgence d’agir, car la performance de notre système universitaire dans l’ensemble canadien et nord-américain se fragilise » a pour sa part ajouté le président-directeur général de la CREPUQ, monsieur Daniel Zizian.

Droits de scolarité et accessibilité

La CREPUQ se réjouit que l’ensemble des intervenants ait reconnu le manque de ressources mises à la disposition des universités. Le gouvernement a annoncé dans son dernier budget une hausse des droits de scolarité à compter de l’automne 2012. La CREPUQ estime que de rétablir les droits de scolarité à l’équivalent de leur valeur réelle de 1968-1969 constitue une proposition raisonnable.

La CREPUQ réitère que toute hausse des droits de scolarité doit être accompagnée de mesures financières appropriées afin qu’aucun étudiant qui en a le désir et la capacité ne soit empêché d’accéder à l’université pour des raisons financières. Il est essentiel de maintenir l’accessibilité et à cet égard la CREPUQ et d’autres intervenants ont fait des propositions constructives qui méritent d’être considérées par le gouvernement.

Par ailleurs, tous doivent contribuer au financement des universités. Le gouvernement a annoncé le maintien de son soutien financier aux universités et le secteur privé doit être mis à contribution, notamment en étant encouragé à développer encore davantage ses activités de philanthropie avec l’université.

Les engagements des universités

De plus, lors de la Rencontre des partenaires en éducation, les universités se sont engagées à mettre de l’avant des mesures concrètes dans certains domaines pour renforcer la qualité de la formation et la compétitivité de nos établissements en recherche, dont notamment :
- Encadrement des étudiants (embauche de nouveaux professeurs, soutien pédagogique, méthodes pédagogiques innovantes, formation à distance) ;
- Bibliothèques (amélioration de l’environnement d’apprentissage pour répondre aux besoins des nouvelles clientèles étudiantes, périodiques en ligne, bases de données, livres électroniques) ;
- Personnel de soutien (bibliothèques, services informatiques, registrariats, services aux étudiants, secrétariats de programmes et de départements) ;
- Acquisition, mise à niveau et entretien des équipements et du parc immobilier (laboratoires, appareils scientifiques, TIC, espaces de recherche associés à la formation) ;
- Appui à la réussite et à la persévérance (cours de base en mathématiques ou en langues, tutorat, mentorat, coaching pour préparer les examens, encadrement pour les clientèles émergentes (EHDAA)).

Reddition de comptes stratégique

Les universités ainsi que plusieurs autres intervenants ont également fait valoir que le véritable défi en matière de reddition de comptes n’est pas de superposer des couches supplémentaires de données ou d’ajouter de nouvelles structures, mais plutôt de faire parler la masse d’informations disponibles et de bonifier les processus et pratiques déjà mis en place.

Pour les établissements universitaires, la reddition de comptes doit être conçue d’un point de vue stratégique, de manière à ce qu’elle contribue pleinement à améliorer la qualité de la formation et la compétitivité en recherche, et ce, dans une perspective d’amélioration continue. À cet égard, les universités ont proposé d’identifier un nombre restreint d’indicateurs de performance significatifs pour mesurer l’évolution du système universitaire. De plus, la CREPUQ a réitéré sa proposition à l’effet de conclure des ententes de partenariat entre le gouvernement et les établissements. Ces ententes comprendraient à la fois les engagements propres à chacun des établissements et les indicateurs servant à mesurer l’atteinte des résultats.

À la suite des discussions qui ont eu lieu aujourd’hui, les établissements universitaires invitent le gouvernement à poser les gestes nécessaires pour permettre aux universités de contribuer pleinement au développement social, culturel, scientifique et économique du Québec.

La CREPUQ regroupe les établissements universitaires du Québec. Elle agit comme porte-parole auprès du gouvernement et des milieux intéressés par l’enseignement et la recherche universitaires. Elle est également un outil de coordination et de concertation entre les universités, un centre de recherche au service des administrations universitaires, un agent coordonnateur de services communs, ainsi qu’un centre de ressourcement et de réflexion pour ses membres.

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Source :
Chantal Pouliot, directrice des communications
Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec
514 288-8524, poste 244
chantal.pouliot@crepuq.qc.ca