BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

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Affaiblir la recherche universitaire est un non-sens

Montréal, le 3 mai 2012 – La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a pris connaissance des demandes faites aujourd’hui par la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et constate, avec déception, après douze semaines de boycottage des cours, que les demandes de la CLASSE auraient pour effet d’affaiblir les universités et principalement la recherche.

« Comme nous l’avons indiqué à maintes reprises, il est impératif de réinvestir dans nos universités pour assurer une formation de qualité à tous les cycles d’études, améliorer l’offre de services de soutien aux étudiants et intensifier les activités de recherche. Rappelons que les universités québécoises souffrent déjà d’un sous-financement de 620 M$ par année », a déclaré la présidente désignée du Conseil d’administration de la CREPUQ, madame Luce Samoisette, rectrice de l’Université de Sherbrooke.

Contrairement à ce que les porte-parole de la CLASSE semblent croire, les universités ne reçoivent pas un budget global dont elles attribueraient ensuite une partie à la recherche. Le financement de la recherche dépend en grande partie d’organismes subventionnaires indépendants (fédéraux et provinciaux). Les subventions de recherche sont octroyées aux professeurs-chercheurs, dans le cadre de concours qui reposent sur l’évaluation par les pairs. Les sommes engagées dans la recherche universitaire le sont notamment en raison de la compétitivité de leurs chercheurs dans le cadre des concours des organismes subventionnaires fédéraux. Ces ressources représentent des investissements très importants dans l’économie du savoir du Québec.

Par ailleurs, les subventions et contrats de recherche obtenus profitent grandement aux étudiants de maîtrise et de doctorat de même qu’aux stagiaires postdoctoraux. Le financement que reçoit un grand nombre des étudiants aux cycles supérieurs pour soutenir leurs études provient des subventions de recherche. Les chercheurs embauchent ces étudiants comme assistants de recherche et leur octroient des bourses. En coupant dans le financement de la recherche, ce sont ces étudiants qui seraient directement touchés.

À l’égard de la publicité, les universités ont des informations à diffuser telles que les portes ouvertes, les dates limites pour le dépôt de demandes d’admission et de nouveaux programmes. Elles ont aussi des réalisations à faire valoir qui visent à encourager les Québécois, et en particulier les clientèles non traditionnelles, à accéder à la formation universitaire. Ce budget, incluant les dépenses liées à l’affichage de postes à combler, la promotion d’activités autofinancées, comme des programmes de formation sur mesure, ou la promotion d’activités sportives ou culturelles, équivaut à quatre dixièmes d’un pour cent de leur budget de fonctionnement.

Il est important de rappeler que la très vaste majorité des activités d’enseignement universitaire se donne sur les campus principaux (93,6 %) et non sur les campus satellites. Derrière l’implantation de ces campus, on trouve un long historique de demandes du milieu ou du gouvernement pour répondre à des besoins bien réels. L’offre de formation délocalisée augmente l’accessibilité géographique et non les coûts.

En ce qui a trait à la rémunération, la Loi 100 adoptée en 2010 par le gouvernement du Québec contient des dispositions spécifiques interdisant toute prime et limitant la croissance de la rémunération. Elle régit également les autres conditions du personnel de direction et d’encadrement.

« Les universités souhaitent un retour à la normale le plus rapidement possible afin que le plus grand nombre d’étudiants puisse terminer leur trimestre dans des délais raisonnables. Les universités adaptent les scénarios de reprise de cours en fonction de l’évolution de la situation. Elles n’entendent faire aucun compromis sur la qualité de la formation et des diplômes », a pour sa part indiqué monsieur Daniel Zizian, président-directeur général de la CREPUQ.

La CREPUQ regroupe les 18 établissements universitaires du Québec. Elle agit comme porte-parole auprès du gouvernement et des milieux intéressés par l’enseignement et la recherche universitaires. Elle est également un outil de coordination et de concertation entre les universités, un centre de recherche au service des administrations universitaires, un agent coordonnateur de services communs, ainsi qu’un centre de ressourcement et de réflexion pour ses membres.

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Source :
Chantal Pouliot, directrice des communications
Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec
514 288-8524, poste 244
chantal.pouliot@crepuq.qc.ca