BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

Accueil » Archives

Universités québécoises : l’urgence de réinvestir

Montréal, le 17 janvier 2013 – Adopter des mesures vigoureuses pour freiner la tendance au sous-financement de fonctionnement des universités et structurer les mécanismes de reddition de comptes d’une manière plus stratégique, telles sont les deux recommandations principales formulées par les chefs d’établissement des universités québécoises dans leur mémoire qui sera déposé à la rencontre portant sur la gouvernance et le financement des universités qui aura lieu à l’Université de Sherbrooke les 17 et 18 janvier.

La réalité incontournable du sous-financement

« Les faits sont là : depuis une quinzaine d’années, malgré les réinvestissements consentis par le gouvernement, les universités québécoises sont sous-financées par rapport aux universités canadiennes. Année après année, les universités des autres provinces canadiennes sont mieux financées que les universités québécoises et forcément, elles prennent une avance de plus en plus difficile à rattraper. Il est urgent de corriger la situation afin que nos universités puissent offrir la meilleure formation possible à la relève, soutenir efficacement une recherche de qualité et poursuivre sa contribution au développement social, culturel, scientifique, technologique et économique de la société québécoise », a affirmé Mme Luce Samoisette, présidente du Conseil de la CREPUQ et rectrice de l’Université de Sherbrooke.

L’étude sur le sous-financement de fonctionnement des universités québécoises rendue publique cette semaine révélait que l’écart, mesuré à 325 M$ en 2002, puis à 620 M$ en 2007, a atteint 850 M$ pour l’exercice 2009-2010, soit 24 % du budget de fonctionnement des universités québécoises pour cet exercice, ou encore 4 090 $ par étudiant temps complet.

« Le problème du sous-financement doit être traité en priorité et la révision de la formule de financement proposée par divers intervenants ne le résoudra en rien si elle n’est accompagnée de l’injection de ressources additionnelles significatives », a martelé le président-directeur général de la CREPUQ, M. Daniel Zizian.

Les priorités du réinvestissement

«  Les établissements sont les mieux placés pour faire les choix de réinvestissement les plus judicieux en fonction des conditions propres à leur milieu et de la spécificité de leur établissement. Néanmoins, certaines priorités collectives de réinvestissement ressortent clairement », explique M. Zizian.

• Embauche de professeurs : pour revenir au ratio d’encadrement qui prévalait en 2000, compte tenu des hypothèses réalistes de croissance de l’effectif étudiant, il faudrait ajouter d’ici 2019 environ 2 100 professeurs, un investissement annuel de l’ordre de 275 M$ à terme ;

• Embauche de personnel professionnel et de soutien : ce personnel est essentiel pour le support aux professeurs et le bon fonctionnement de la vie quotidienne des étudiants dans les laboratoires, les bibliothèques, les services informatiques, les registrariats et les secrétariats, dans les services d’entretien, etc. Cela représente un effort d’environ 200 M$ ;

• Soutien aux étudiants pour accroître la persévérance, par exemple par la création de centres d’aide à la réussite, une offre accrue de stages et de programmes de tutorat, mentorat et coaching par les pairs, développement de services adaptés aux étudiants en situation de handicap, amélioration des services offerts aux étudiants ;

• Mise à niveau des équipements technologiques et des bibliothèques, en augmentant les budgets d’acquisition de documents et d’équipements ;

• Bonification de l’aide financière aux étudiants de 2e et de 3e cycles ;

• Soutien à l’internationalisation, par exemple par des projets de recherche, des programmes d’échange d’étudiants et de professeurs, l’accueil d’étudiants étrangers.

Une reddition de comptes plus stratégique

Les universités rendent compte de leurs activités à la communauté universitaire, et aussi au gouvernement du Québec. Elles sont assujetties à plus d’une cinquantaine de lois et doivent produire une quantité énorme de rapports de toute nature. Aucune facette de l’activité universitaire n’échappe à cette reddition de comptes.

Les universités déplorent toutefois le caractère bureaucratique plutôt que stratégique de cette reddition de comptes. La voie à suivre est moins d’accroître la quantité de données transmises ou le nombre d’instances ayant le pouvoir de les exiger que de structurer des mécanismes de reddition de comptes plus efficaces et surtout, plus stratégiques.

Conseil des affaires universitaires du Québec

Les chefs d’établissement universitaire proposent la création d’un Conseil des affaires universitaires du Québec qui serait un lieu indépendant d’étude, d’analyse et de conseil dont le mandat serait notamment de proposer les objectifs que la société québécoise devrait se donner en matière d’enseignement et de recherche universitaire.

Cet organisme ne saurait être décisionnel, car le gouvernement ne peut ni déléguer sa responsabilité envers le développement du réseau universitaire à un groupe restreint d’experts, si compétents soient-ils, ni déposséder les conseils d’administration des universités de leurs responsabilités.

Faire de l’éducation LA priorité nationale

Les chefs d’établissement universitaire le proposent depuis 2008 et plusieurs ont repris cette suggestion : il faut faire de l’éducation, à tous les ordres d’enseignement, LA priorité nationale du Québec. Nous avons la responsabilité de faire en sorte que chaque jeune développe son plein potentiel de façon à pouvoir faire face aux nouveaux défis de la société.

Le mémoire est disponible à l’adresse : http://www.universites-avenir.ca/gouvernance-financement/

La CREPUQ regroupe les 19 établissements universitaires du Québec. Elle agit comme porte-parole auprès du gouvernement et des milieux intéressés par l’enseignement et la recherche universitaires. Elle est également un outil de coordination et de concertation entre les universités, un centre de recherche au service des administrations universitaires, un agent coordonnateur de services communs, ainsi qu’un centre de ressourcement et de réflexion pour ses membres.

- 30 -

Source :
Chantal Pouliot, directrice des communications
Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec
514 288-8524, poste 244
cpouliot@crepuq.qc.ca
www.universites-avenir.ca