BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

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Contrairement à ce que dit le Conseil supérieur de l’éducation, il y a pénurie de professeurs, et elle pourrait s’accroître. Montréal, le 17 décembre 2003

Communiqué

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CONTRAIREMENT À CE QUE DIT LE CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’ÉDUCATION, IL Y A PÉNURIE DE PROFESSEURS, ET ELLE POURRAIT S’ACCROÎTRE.

Montréal, le 17 décembre 2003 - Dans son rapport annuel, qu’il vient de rendre public, et qui porte sur le renouvellement du corps professoral, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) met en cause le diagnostic posé par les administrations universitaires sur l’ampleur du défi qu’elles ont à relever à ce chapitre.

« Il faut contester vivement les conclusions de ce rapport, qui erre autant du côté de l’offre que de la demande de professeurs » de déclarer le président de la CREPUQ, monsieur Robert Lacroix, qui est aussi recteur de l’Université de Montréal.

Pour illustrer notre propos, du côté de la demande, qu’il suffise de mentionner que, pour simplement restaurer, en 2003-2004, le ratio étudiants/professeur qui prévalait en 1994-95, il faudrait avoir cette année, dans nos universités, environ 9 800 professeurs, soit quelque 300 de plus que ce que le CSE prévoit pour 2007-2008. Et ceci ne tient même pas compte des changements qui sont intervenus dans la composition des effectifs étudiants en faveur des cycles supérieurs, qui requièrent plus d’encadrement, ni de la croissance importante et soutenue de la fonction recherche. Et encore moins de la situation qui va et qui ira s’améliorant chez nos voisins étant donné leur situation relative avantageuse en matière de financement.

Du côté de l’offre, l’évaluation qui est faite des bassins d’approvisionnement est tout aussi contestable. Parmi les moyens qu’il prend pour nier la pénurie, le CSE fait une revue des sources de recrutement dans laquelle il dénombre notamment, les stagiaires post-doctoraux et les chargés de cours. Les stagiaires post-doctoraux, ce sont des détenteurs de doctorats, provenant très majoritairement de l’extérieur, qui sont sur le marché international de la recherche avancée, et qui viennent pour la plupart chercher ici un complément de formation en vue d’un poste dans un établissement avec lequel ils ont déjà une entente. À titre d’exemple, à l’Université de Montréal, sur 435 stagiaires post-doctoraux, seulement 61, soit 14 %, sont originaires du Québec. De la même manière, les jeunes PhD québécois vont faire des études post-doctorales à l’étranger, et c’est là que nous risquons de les perdre, comme nous ne pouvons retenir ceux qui viennent ici, si nous ne pouvons leur offrir des conditions de travail concurrentielles.

Quant aux chargés de cours, ils jouent un rôle essentiel dans le système, notamment dans des secteurs où la pratique professionnelle enrichit leur enseignement. Mais dans d’autres secteurs, le recours à leur services est

lui-même un indice de la pénurie de moyens dont disposent les universités. Dans un contexte où la formation aux études supérieures est en croissance, il importe de doter le corps enseignant d’une capacité d’encadrement que seuls les candidats ayant maintenu leur activité de recherche depuis l’obtention de leur doctorat sont en mesure de démontrer. Prétendre qu’il n’y a pas de pénurie parce qu’il y a des chargés de cours détenteurs de doctorat est une erreur.

La mise en cause de l’importance relative de la recherche doit aussi être contestée, car il s’agit d’un fleuron du système universitaire québécois et un indicateur indéniable de la capacité de nos professeurs à se mesurer aux meilleurs. Cette performance mériterait plutôt d’être encouragée, car elle est en lien direct avec la croissance des effectifs et l’évolution de la qualité des études aux cycles supérieurs. Sans parler de son impact sur l’économie et la société québécoise en général.

« C’est précisément par ce type d’étude que l’on prépare la pénurie, comme on l’a fait pour les infirmières et les médecins il y a quelques années. Il faut se garder de répéter la même erreur, l’enjeu, pour le Québec, est trop important », de conclure monsieur Robert Lacroix.

Pour information :

Jacques Bordeleau

Directeur général

514-288-8524