BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

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« La formation médicale est déjà en péril » : les quatre universités québécoises dotées d’une faculté de médecine demandent une reprise de l’enseignement médical dans les plus brefs délais

Montréal, le 11 décembre 2006 - Les quatre universités québécoises dotées d’une faculté de médecine [1] ont noté avec satisfaction vendredi dernier que le Conseil des services essentiels avait bien reçu le message qu’elles lui avaient envoyé relativement à l’urgence de rétablir la situation de la formation en médecine. Depuis plusieurs semaines déjà, les moyens de pression mis en œuvre par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), dans la foulée du conflit qui l’oppose au gouvernement du Québec, ont sérieusement perturbé l’année académique de milliers d’étudiants et de résidents inscrits dans nos facultés de médecine. Soucieuses de fournir aux étudiants et résidents la formation à laquelle ils ont droit, les quatre universités étaient donc confiantes de voir la situation revenir à la normale rapidement. Le Conseil a ordonné à la FMSQ de tout mettre en œuvre pour ne pas mettre en péril la diplomation des étudiants les plus touchés par les moyens de pression, soit les externes de troisième et quatrième années, qui sont actuellement privés de formation clinique. « La décision du Conseil constitue pour les universités un pas dans la bonne direction », selon monsieur Denis Marceau, président du Comité des affaires médicales de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

« C’est avec une certaine consternation que nous avons entendu la Fédération annoncer dimanche comment elle entendait se soumettre à cette ordonnance », d’ajouter monsieur Marceau. « Nous comprenons de la position de la FMSQ qu’elle n’estime pas qu’il y a actuellement urgence d’agir et que, selon elle, l’année des externes n’est pas en danger ». De surcroît, la FMSQ entend demander aux universités (et à la Fédération médicale étudiante du Québec) de lui transmettre les informations sur les stages des externes afin qu’elle soit en mesure de « gérer le péril » de la non-diplomation possible.

« Cette position est inacceptable. Il doit être clair pour tous que ce sont les facultés de médecine, et exclusivement elles, qui ont l’autorité et la compétence nécessaires pour déterminer si une formation universitaire en médecine est menacée ou non ; les universités et leurs facultés sont garantes des normes de qualité des programmes, lesquels doivent par ailleurs répondre aux exigences strictes des organismes d’agrément nord-américains », de dire le Dr Réjean Hébert, président de la Conférence des doyens des facultés de médecine du Québec.

Pour les quatre facultés de médecine, la formation des étudiants est déjà mise en péril par l’annulation observée des activités causée par les moyens de pression de la FMSQ. Chaque heure de cours ou de stage non assurée auprès d’un étudiant ou d’un résident accroît les possibilités que la formation de celui-ci ne soit pas complète, ne soit pas conforme aux normes universitaires ou à celles des organismes d’agrément. « On ne doit pas tergiverser davantage, ni jouer sur les mots. Pour que la diplomation des externes ne soit pas mise en péril, pour reprendre les termes du Conseil des services essentiels, c’est dès maintenant que les activités de formation doivent reprendre normalement. Nous en appelons aux médecins enseignants pour qu’à partir de demain (mardi 12 décembre 2006) les stages soient assurés aux externes. La formation est déjà en péril », ajoute le Dr Hébert.

« De plus, nous estimons que, loin de se limiter aux externes de troisième et de quatrième années, c’est à tous les étudiants et résidents que les activités normales doivent être à nouveau assurées. Nous nous inquiétons de la qualité de la formation offerte non seulement à nos externes mais à l’ensemble de notre population étudiante. Nous en appelons à la FMSQ pour qu’elle nous aide à offrir à tous l’enseignement de qualité auquel ils ont droit et qu’ils ont été habitués à recevoir des médecins spécialistes, lesquels ont toujours agi avec un très grand professionnalisme. La bonne volonté de ces enseignants est à nouveau sollicitée et les facultés de médecine souhaitent vivement qu’à l’issue du conflit, toutes les parties puissent à nouveau travailler en harmonie comme par le passé, dans le respect de tous », a précisé le Dr Hébert.

Tel que l’exprimaient les quatre chefs d’établissement universitaire dans une lettre envoyée aux parties concernées le 23 novembre dernier, il ne saurait être question pour les universités de sanctionner des formations incomplètes. Dans le conflit qui oppose la FMSQ au gouvernement du Québec, les facultés de médecine ont été prises en otage ; elles sont empêchées, en raison de facteurs indépendants de leur volonté, de fournir à leurs étudiants et résidents la formation qu’elles s’étaient engagées à leur offrir. Le Conseil des services essentiels a lancé un message clair à la FMSQ que les conditions propices au rétablissement de la formation devaient être rétablies. Il appartient maintenant à la FMSQ d’y répondre sans délai afin de ne pas hypothéquer davantage la progression académique de la future génération de médecins dont le Québec aura bien besoin. « Nous invitons instamment le FMSQ et le gouvernement du Québec à reprendre rapidement les négociations en vue de trouver un terrain d’entente et de régler définitivement le conflit actuel », de conclure monsieur Denis Marceau.

Pour information :

Michel Giguère

CREPUQ, 514-288-8524 (poste 208)

[1] Université Laval, Université McGill, Université de Montréal, Université de Sherbrooke